La Défense, quand le fantasme de la modernité laisse place à l’esthétique du dédale

La Défense doit pouvoir être vu de deux manières.

Elle peut être un artifice monofonctionnel, délire post-moderne monomaniaque qui n’a jamais su devenir de la ville. Elle peut aussi être pensée comme une chance unique d’expérimentation du corps, qui offrirait, à la manière d’un labyrinthe surréaliste, une liberté d’errance infinie.

Il me semble en ce sens que l’approche situationniste de G. Debord, de l’Observatoire Nomade Stalker, ou les commentaires sur l’espace public de S. Degoutin, se rapprochent d’une position qui nous permettrait d’envisager la Défense comme une ruine.

Un bémol auparavant doit pouvoir être soulevé quant à l’approche exploratoire de l’espace urbain. Il me semble que l’analyse tend souvent à considérer le rejet du post-modernisme comme l’opportunité de donner une nouvelle définition au bucolisme. Une poésie de l’urbain qui conclue souvent à une pratique de l’espace comme s’il était dénué de toute présence humaine. Le trajet devient exploration, la circulation devient parcours. Et ce parcours ne semble être habité que par le « parcourant ». Le territoire exploré n’est qu’un entrelacs d’espaces, une succession de volumes plus ou moins architecturés. Mais où sont passé les gens ?

Pour autant, l’idée de la ruine fascine. Le dédale également. Il en ressort une véritable esthétique qui, bien qu’insuffisante pour penser la Défense, permet potentiellement de lui donner un second souffle en lui découvrant de nouvelles fonctions. Du moins de la rendre perméable à de nouvelles pratiques.

Vers une approche esthétique de l’échelle monumentale.

A.Brodsky et I.Utkins expriment le rejet de l’architecture soviétique en proposant une alternative humaine et poétique à l’aliénation du corps par l’infrastructure.

Brodsky & Utkins

Brodsky & Utkins

Vers une fascination pour le dédale.

Au regard des études pour la prison de G.B. Piranese, il semble que le dédale, la perte du corps dans l’architecture, soit un moyen de contrôler l’espace. Au delà de la porté carcérale du labyrinthe, il semble qu’on puisse en extraire une esthétique, comme une manière de décanter l’espace par l’expérience du corps.

G.B. Piranese

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