New Babylon par Constant Nieuwenhuys

Utopie sociale d’une ville situationniste

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New Babylon est une vision utopique des années 60 développé par l’artiste et architecte Constant entre 1956 et 1974. Fruit de sa collaboration avec les Situationnistes ce projet mêle utopie et activisme. Fondée sur l’idée que la société qui ne connaît ni la famine ni le travail, le projet propose que la société n’existe que par la créativité.

Contrairement à la conception de la société utilitariste, la culture de New Babylon, libérée par l’automatisation du travail productif, laisse l’espace de développer d’autres activités. La population dispose donc d’une quantité considérable de temps libre, renforçant leur intérêt pour les jeux, l’aventure et la mobilité.  A partir de cette liberté dans l’espace et le temps, on arrive à un nouveau type d’urbanisation. Dans une mobilité et une fluctuation permanente l’homme va s’approprier un mode de vie nomade dans un environnement artificiel et construit nommé New Babylon.

Klein labyr - Constant Nieuwenhuys

maquette New Babylon par Constant Anton Nieuwenhuy, 1958. photo Leonieke Aalders

À l’inverse des villes modernes qui divisent les hommes par de grands espaces verts, Constant propose une construction spatiale continue, dégagée du sol qui comprendrait les logements ainsi que les espaces publics. Le concept développe un vaste réseau de services collectifs à l’intérieur de la macro structure gigantesque formée de plateaux libres, détachée du sol par des pilotis. Tel un ruban désarticulé, contournant les obstacles naturels et les villes, avant qu’elles ne disparaissent, elle peut s’étendre à l’infini, et ses circulations internes permettent une continuité sans obstacles.

Le sol est libre de toute construction -mis à part les centres de production-, utilisé pour l’agriculture, l’élevage, les massifs forestiers, les réserves naturelles, les parcs et la circulation rapide des automobiles. Les toitures terrasses de la macro-structure sont destinées aux aires de loisirs et de détente, de contemplation du paysage, soit un deuxième niveau en plein air, un deuxième paysage artificiel au-dessus du paysage naturel. Elles servent également de pistes d’atterrissage aux moyens de transport public aérien : petits avions et hélicoptères.

La ville est organisée en blocs et secteurs qui forment un réseau d’unités et d’entités socioculturelles d’échelle monumentale. Ces secteurs interconnectés flottent au-dessus du sol sur de grandes colonnes tandis que le trafic routier bat son plein en dessous et le trafic aérien au-dessus. New Babylon ne connaît pas de frontières et les habitants de cette nouvelle Babylone se déplacent de site en site au sein d’un réseau sans fin de « secteurs » telle une maille d’échelle planétaire.

new-babylon-paris-1000

Dans chaque bloc, l’imagination des habitants dessine la ville en créant une multitude d’espaces aux ambiances propres. Tous les habitants sont libres d’y contribuer et d’apporter leur pierre à une œuvre éphémère. Les blocs sont en perpétuelle mutation. Le temps est une 4e dimension. La population est nomade et le déplacement entre les différents secteurs de la ville constitue une activité majeure de la vie babylonienne. Au cours de ces déplacements, ou aventures à la découverte de nouvelles sensations grâce à la multitude des ambiances rencontrées, des liens sociaux se tissent. La spatialité devient sociale. La ville est un labyrinthe dynamique, dominée par la promenade et l’exploration.

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