Semaine 4 : La Défense l’apothéose du rien comme moteur de projet

1/ La Défense parc d’attraction / L’apothéose du rien comme moteur de projet

 La proposition de l’OMA pour la mission Grand Axe suggérait la rénovation de LD par les effets collatéraux de la densification et de l’offre foncière sur les communes avoisinantes. Or, en prenant cette proposition à contre-pied, mais en gardant à l’esprit la question de la densité, il m’a semblé que l’axe historique n’avait plus, aujourd’hui, qu’une valeur patrimoniale. Ultime illustration du jacobinisme, la préservation du grand axe peut être remise en question.  Il ne me paraît pas absurde de vouloir construire sur la dalle. On renverrai ainsi LD à son ambition manhattanienne.

 Par ailleurs,  je suis convaincu que la régénération de la dalle et la réactivation de ses dessous ne peut se faire que par une multitude de micro-projets, presque des interventions sans architecture. Puisque R. Koolhaas émet l’hypothèse que Manhattan est le produit de la folie de Coney Island, et que S. Dégoutin compare LD à un parc d’attraction,  je vois ici un encouragement à penser un lieu d’imaginaires, de potentiels, d’alternatives. Il faut mettre en avant l’irrationnel et le subversif.

restes

2/ La réactivation des dessous par la plongée /  Le nouveau touriste urbain et la rencontre phantasmée

 Afin de mettre en forme le subversif, l’aléatoire, le “hors-programme”,  les dessous de la dalle doivent faire  corps avec l’esplanade. Il faut qu’à la surface, on ait conscience du dessous. Que les sous-sol soient considérés comme machinerie, ventre, infrastrcutre, moteur, ou même rien, peu importe. Il faut qu’ils soient connus, du moins visibles, pour exister.

Une dalle constellée de  puits, d’ouvertures, de tranchées permetrait de faire venir la conscience du dessous au niveau de la surface.   Aussi, l’idée formelle de la trappe  d’apparition  du théâtre permet non seulement de donner un nouveau visage au dessus (folies temporaires, expositions mobiles etc.) mais aussi de dire la réalité du dessous. Révélation cartésienne de l’existence d’un monde par sa connaissance.

Ce trajet pour les abysses prolongerait le discours rationnaliste des circulations verticales de LD. Les trappes seraient des liens verticaux vers le dessous, des ascenseurs plus ou moins étroits, allant plus ou moins profond. Conçu comme un mode d’immersion vers le vrai sol, chaque fois que l’ascenseur serait empêché d’aller plus bas par tel ou tel obstacle, se créerait un évènement . Plongeant , en comparaison avec le dessus, le visiteur dans l’irrationnel.

-

3/ Terra Incognita

 Il me semble qu’il faut avoir une approche patrimoniale critique à propos de la dalle. En effet, cela repose la question de la monumentalité qui est essentielle pour comprendre sa création et plus globalement celle de LD. Il me paraît intéressant de jouer sur les polarités qui consistent à détruire, perçer, ouvrir la dalle, pour maintenir les dessous en l’état. L’épaisseur de la dalle est un espace qui souffre de ne pas être un lieu.

original_cnit-paris-la-defense-10bis

Publicités
Cet article a été publié dans FREUDIGER Charles. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s