Sky house, Kikutake Kiyonori, Le deuxième sol

Comme l’a bien expliqué https://souslesjupesdelametropole.wordpress.com/2013/10/21/les-japonais-ont-ils-concretise-les-reves-darchigram/ , le mouvement métaboliste  est apparu lors des années 1960 au Japon avec pour têtes de files de grands noms comme Kenzo Tange, Kisho Kurokawa, Kiyonori Kikutake, Fumihiko Maki.

Les métabolistes voyaient la vie et l’architecture comme quelque chose d’instable, en perpétuel mouvement. Le Japon étant un pays fortement sismique, les constructions étaient toujours considérées comme temporaires et non éternelles. L’espace n’est pas ancré, il est l’observation d’un moment qui est sujet aux flux qui peuplent le monde.

 » Il s’agit de la conscience que le présent où nous vivons n’est rien d’autre qu’une parenthèse dans un néant éternel. De là vient l’idée que la vie et les maisons ne sont que des abris temporaires. »

De l’espace géométrique à l’espace mouvement, Inoue Mitsuo, 1969

Conscient d’hériter d’une tradition, les métabolistes ont tenté de réinterpréter les codes  ancestraux, tout en utilisant une technologie de plus en plus perfectionnée pour innover à l’échelle du bâtiment mais aussi de la ville. L’architecture et l’urbanisme devaient permette une liberté de mouvement pour les flux et les croissances en leurs seins. La forme pouvant se modifier, elle devait avoir une certaine autonomie tout en  intégrant une structure porteuse suffisamment solide et résistante aux tremblements de terre.

La Maison ciel de Kiyonori Kikutake construire en 1958 est un simple espace carré soutenu par 4 piles de béton et surmonté d’une toiture à 4 pentes. La maison vient s’appuyer sur ces simples appuis; passé les premières marches l’habitant n’a plus aucune relation avec le sol naturel (tout comme le vestibule, genkan, permet de se déchausser et d’accéder au niveau un peu plus surélevé de la maison traditionnelle japonaise.)

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Sky House

La maison, très novatrice à l’époque, possédait en sa périphérie des éléments mobiles pour la cuisine et la salle de bain. La galerie qui entoure toute la pièce rappelle l’ endogawa traditionnel qui permet de jouer avec l’extérieur.

Kikutake avait conçu des capsules qui venaient se greffer sous la maison pour accueillir les chambres d’enfant. La maison surélevée devenait un sol avec son dessous qui se peuplait et se dépeuplait suivant les besoins.

( Cette vidéo réalisée par le laboratoire AliCe de Lacambre, analyse avec précision la maison : http://vimeo.com/16235358 )

Lorsque le sol bouge, les appuis doivent suivre le mouvement. Que la structure soit en bois ou en béton, les japonais ont toujours cherché une certaine légèreté, indépendance par rapport au sol. Parallèlement ils recréent leur propre sol à l’intérieur de leur logement, l’absence de mobilier lourd, l’indétermination des usages des surfaces permettent à chaque maison, à chaque logement de créer son propre espace, son ma, sa terre vierge, son vide habitable.

Anthologie critique de la théorie architecturale japonaise, Le regard du milieu, Yann Nussaume, 2002

New Directions in Japanese Architecture, Robin Boyd, 1968

 Site d’AliCe: http://www.alicelab.be/architecture-short-films/

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