La ville cosmique de Iannis Xenakis

Iannis Xenakis est un compositeur dont l’œuvre est à la fois celle d’un ingénieur et celle d’un architecte. Sa particularité est de faire intervenir  le calcul des probabilités dans la composition. Il a notamment créé le projet de la « ville cosmique », projet architectural et urbain d’avant garde.

 La Ville cosmique

Xenakis souligne le drame de l’urbanisme et de l’architecture contemporaine. Il remet en cause la décentralisation urbaine, dispersion des centres industriels sur le territoire, qu’il considère comme un phénomène actif dans tous les pays où les concentrations urbaines sont importantes.

« Faut-il donc opter pour la décentralisation ou bien, au contraire, admettre la centralisation ? »

Il existe d’après lui une force qui crée des concentrations urbaines. Les grands centres augmentent plus que les petits, selon une courbe logarithmique. Ils favorisent les expansions et le progrès.

diagramme ville cosmique

D’après Xenakis, pourquoi décentraliser ? :

–       « L’asphyxie des villes sous la masse des communications anarchiques (…) mauvaise répartition des activités sur le territoire »

–       « une tradition mentale de géométrisation et de planification des ensembles urbains. »

Comme beaucoup de théoriciens de son époque, Xenakis reproche à l’othogonisme d’être impuissant à résoudre des problèmes tels que la construction de villes neuves, à l’image du Havre, de Brasilia ou encore de Chandigarh. Ces villes sont des villes mort-nées, conséquences de solutions urbanistiques sur le papier.

Représentation de la ville cosmique

Représentation de la ville cosmique

Il propose donc de concevoir la « ville cosmique verticale », réponse à quatorze points d’analyse des problèmes urbains de son époque. Ce projet doit donc résoudre des questions comme la densité, l’indépendance par rapport au sol, la lumière, l’agriculture, la non-spécialisation des espaces (locaux interchangeables, nomadisme interne) ou l’architecture mobile.

L’emprise au sol de la ville cosmique verticale serait de 8 hectares. La ville de paris, elle, en couvre 10 000. Il la pense comme un « vêtement collectif ». Le caractère biologique de cette ville ainsi que sa grande flexibilité en  font  un « réceptacle et outil biologique de la population ». Les circulations horizontales et verticale y seraient automatisées ce qui entrainerait une suppression de tout moyen de locomotion individuel sur roues. Enfin la ville cosmique dépasserai les nuages et mettrait les populations en contact avec les grands espaces du ciel.

Quelques images de ses travaux musicaux

Métastasis, 1954, page de partition d'orchestre

Métastasis, 1954, page de partition d’orchestre

Polla ta dhina, pour orchestre et choeur d'enfants, 1962, Extrait du graphique avant la transcription en notation musicale traditionnelle.

Polla ta dhina, pour orchestre et choeur d’enfants, 1962, Extrait du graphique avant la transcription en notation musicale traditionnelle.

Synthèse de la musique par ordinateur couplé au convertisseur numérique / analogique. Ici, combinaison des particules sonores, 1970

Synthèse de la musique par ordinateur couplé au convertisseur numérique / analogique. Ici, combinaison des particules sonores, 1970

Source : XENAKIS, Ianis, Musique et architecture, Casterman, 1976, 237p.

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