Jean Renaudie – L’Atelier de Montrouge

L’atelier de Montrouge est une agence d’architecture crée en 1958 par quatre architectes : Jean Renaudie, Pierre Riboulet, Gérard Thurnauer et Jean-Louis Véret. Leur production, si elle n’est pas caractérisée par la réalisation de grandes dalles, se rapproche de la production de leur époque par leur aspect brutalistes. Leur réflexion sur l’urbanisme s’attache à ne « : jamais penser séparément les questions d’équipements et de logement » (p.169 – L’atelier de Montrouge, La modernité à l’oeuvre (1958-1981),  Actes Sud, Paris 2008 p.169). La dalle apparait comme un discret élément de conception de projet.

Pour des petits projets comme celui de la Bibliothèque pour enfants de Clamart, dont l’assemblage harmonieux de modules d’un niveau seulement s’inscrit dans une enceinte circulaire,  il n’y a pas de dalle. Cependant, la configuration des lieux peut inspirer l’idée d’une dalle comme espace isolé du monde extérieur, éclairé par des sources situées en hauteur. Creuser le sol sert un programme : c’est l’enfoncement de la bibliothèque  et l’éclairage par des fenêtres hautes et des skydomes donnent au lieu l’ambiance feutrée d’une bibliothèque.

Salle de lecture de la Bibliothèque ronde

Le projet dans lequel la dalle est la plus présente est celui du Vaudreuil ( aujourd’hui Val-de-Reuil), ville nouvelle en  1967.

Même si l’atelier ne construira pas las-bas, ce projet sera le point de départ de « thèmes de réflexion » qu’ils mettront en œuvre dans d’autres villes nouvelles. C’est aussi sur ce projet que Jean Renaudie quitte l’atelier de Montrouge en 1968. Un désaccord sur l’implantation de Vaudreuil serait à l’origine de ce départ: sur la falaise au lieu de la plaine.

Ses idées sur la dalle sont-elles en accord avec le reste de l’équipe ?

Dans la seconde phase d’étude du projet qui se fera sans Jean Renaudie, l’atelier va proposer un système complexe de niveaux :

ATM_Maquette_p.184

Maquette pédagogique de principe p.184 – Source : L’atelier de Montrouge, La modernité à l’ouevre (1958-1981), Cité de l’Architecture & du Patrimoine, Actes Sud, Paris 2008

On peut voir sur cette axonométrie la présence d’un socle sous la forme de différents blocs destinés aux programmes de parkings, caves ou réserves. Cette maquette laisse entendre que leur ensemble forme une dalle.

["étude théorique d'une organisation urbaine à fonctions multiples pour 15 000 habitants environ"p.186]

[« étude théorique d’une organisation urbaine à fonctions multiples pour 15 000 habitants environ »p.186]

▲ Ces maquettes montrent la présence d’un « nouveau sol », un niveau au dessus de celui du véritable sol, sur le toit duquel vient d’implanter un réseau de circulation piéton. ce nouveau sol peut donc prétendre à l’appellation de dalle. La dalle semble être le moyen le plus efficace pour grouper des programmes mixtes et complexes présents dans ce projet. (logements bureaux et équipements).▼

Maquette. Échelle 1/1.000e. 30 septembre 1971.

Sept ans plus tard, c’est au Quartier du Parc, Saint-Quentin-en-Yvelines que la dalle est de nouveau exploitée en surface comme espace de cheminement piéton comme l’indique la dénomination sur cette coupe ▼

stquentin

Coupe schématique p.202 – Source : L’atelier de Montrouge, La modernité à l’œuvre (1958-1981), Cité de l’Architecture & du Patrimoine, Actes Sud, Paris 2008

Ici , comme dans la plupart des projets de l’ATM,  la dalle abrite parkings et caves. Elle se situe un niveau au dessus du sol naturel, que l’on distingue au niveau de la rue. La séparation entre l’espace « public » de la rue et celui de l’opération se fait grâce, , au changement de niveau de la dalle, accompagnée de la traversée d’un immeuble. On retrouve cette même configuration à la dalle du Pont-de-Sèvres.

De son coté, Jean Renaudie va collaborer à la réalisation du centre Jeanne Hachette à Ivry-sur-Seine. Plus qu’une dalle , ce sont les terrasses plantées et les plans uniques en étoile de chaque appartement qui va faire la renommée de cet ensemble. Au niveau du sol, on peut parler d’une dalle qui « déborde sur l’espace public et passe à travers, comme concrétisation à l’extrême de la pensée de Renaudie sur la diversité et la recherche de la complexité.

Le centre Jeanne Hachette à Ivry-sur-Seine

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