Les urbanités de Nicolas Schöffer

Nicolas Schöffer est un artiste plasticien français d’origine hongroise, né en 1912 et mort en 1992 ; il est principalement connu comme étant le père de l’art cybernétique et l’inventeur du spatiodynamisme.

Nicolas Schöffer au milieu de ses sculpturesL’œuvre d’art cybernétique est conçue comme un dialogue entre l’œuvre et son public, entre l’œuvre et son environnement. Dès 1948, Schöffer tourne le dos à la peinture classique pour s’orienter définitivement vers la sculpture, élargissant rapidement le contenu de celle-ci à toutes les dimensions de la ville.

Il théorise tout d’abord le luminodynamisme dans les années 1950, avec une série de sculptures intitulées LUX, des sculptures mobiles produisant de la lumière, grâce à des moteurs, des réflecteurs et des projecteurs ; puis le chronodynamisme dans les années 1970, avec la série CHRONOS, des sculptures programmées réagissant au passage du temps.

Lux13

Lux 13 – 1958

Chronos5
Chronos 5 – 1960

Parmi ses œuvres les plus célèbres, on compte :

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CYSP 1 – 1956
Première sculpture autonome dotée de capteurs au monde, réagisant à la lumière et au son par des déplacements et par des mouvements de formes colorées, conçue pour un ballet de Maurice Béjart sur le toit de la Cité Radieuse à Marseilles.

Tour cybernétique

Tour Lumière Cybernétique – 1963
Sculpture de 324 mètres de haut prévue à La Défense, qui ne fut pas construite suite à la mort de son commanditaire, le président Georges Pompidou.

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SCAM 1 – 1973
Première sculpture-automobile.

Mais très tôt, ses recherches l’ont poussées vers l’architecture et l’urbanisme. En 1957, il conçoit pour le salon international BATIMAT la Maison à cloison invisible, qui se divise en deux espaces non clos, chacun possédant une atmosphère, une température, une lumière propre. Ce faisant, les deux espaces ainsi déterminés posent leurs limites l’un par rapport à l’autre, et une cloison invisible les sépare. Ce projet interroge sur une certaine dématérialisation du monde, et trouve un écho dans des projets contemporains, comme par exemple Domestic Astronomy de Philippe Rahm.

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Maison à cloison invisible – 1957

Pour lui, l’espace et le temps sont les composantes premières de l’urbanisme : les matériaux nobles sont la lumière, le son, et l’espace, le béton et le fer n’étant que des matériaux supports. Il considère la ville comme un assemblage de divers composants, qui changent avec le temps et les variations incessantes des besoins humains. En cela, son travail se rapproche de celui d’architectes comme Cedric Price et de la distinction softspace/hardspace.

Il conçoit alors une répartition très personnelle du territoire : à la cité fonctionnelle du travail, espace vertical et concentré, s’oppose la cité résidentielle, horizontale et dispersée. La ville du travail comprend des centres administratifs, interna­tionaux ou supranationaux, des centres universitaires, des centres de recherches scientifiques, ou encore une proposition pour une université d’un kilomètre de haut.

centre administratif avec tour spatiodynamique et projections sur une façade incurvée

Centre administratif

centre administratif

Centre administratif

centre de recherches scientifiques

Centre de recherche scientifique

centre de loisirs sexuels-coupe

Centre de loisirs sexuels

université 1km de haut

Université verticale de 1km
« La circulation d’une unité à l’autre se fait verticalement en quelques minutes et horizontalement par tapis roulants. Un campus d’un kilomètre de long induirait une pollution visuelle, olfactive, sonore et esthétique. L’espace au sol dégagé est réservé à la nature et à la promenade. »

Nicolas Schöffer s’est particulièrement intéressé aux loisirs dans la ville. Il voit les centres de loisirs se différencier en deux catégories : ceux qui seront intégrées aux villes rési­dentielles et aux villes du travail, et ceux qui constitueront des cités autonomes.

« Dans le premier cas, on y trouvera des centres de relaxation et de stimu­lation intellectuelles, des centres culturels, des centres de distribution et de consommation. Dans les seconds cas, la ville pourra acquérir une véritable spécialisation. »

Il a également participé à la création du GIAP en 1965, le Groupe International d’Architecture Prospective. Leur manifeste paraît en Mai 1965, signé par les sept membres fondateurs : Yona Friedman, Walter Jonas, Paul Maymont, Georges Patrix, Michel Ragon, Ionel Schein.

L’explosion démographique,                                                                                                                 l’accélération spectaculaire des progrès techniques et scientifiques,                                          l’augmentation constante du niveau de vie,                                                                                   la socialisation du temps, de l’espace et de l’art,                                                                   l’importance croissante des loisirs,                                                                                    l’importance des facteurs temps et vitesse dans les notions de communications,                   font éclater les structures traditionnelles de la société.

Nos villes, notre territoire ne sont plus adaptés à ces transformations. Il devient urgent de prévoir et d’organiser l’avenir au lieu de le subir.

Le GIAP a pour but de rassembler tous ceux, techniciens, artistes, sociologues et spécialistes divers qui recherchent des solutions urbanistiques et architecturales nouvelles.

Le GIAP veut être un lien entre les chercheurs de tous les pays, même si leurs thèses sont parfois opposées. Le GIAP n’a donc pour l’instant d’autre doctrine que la prospective architecturale.

CONTRE une architecture rétrospective.

POUR une architecture prospective.

Webographie :

http://www.olats.org/schoffer/index.htm

http://www.frac-centre.fr/collection/collection-art-architecture/index-des-auteurs/auteurs/projets-64.html?authID=253&ensembleID=575&oeuvreID=7741

Bibliographie :

Michel Ragon, Où vivrons-nous demain ?, Paris, 1963

Michel Ragon, Les visionnaires de l’architecture, 1965

Nicolas Schöffer, La ville cybernétique, 1969

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