CAMOUFLAGE LOCKHEED CITY

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source : driveinfr.tumblr.com

En Février 1942, des sous-marins japonais furent repérés au large des côtes de San Francisco et de Santa Barbara. La menace poussa les autorités militaires des Etats Unis à chercher des solutions de défense pour protéger les bases militaires et les usines d’aviation du Lockheed Air Terminal de Burbank (actuel aéroport Bob Hope) d’éventuels bombardements. Une centrale de stockage de pétrole appartenant au Ministère de la Guerre avait déjà servi de cible aux attaques des japonais.

C’est le colonel John F. Ohmer, un pionnier des techniques de camouflage militaires, qui fut chargé de l’opération. Lors de la Guerre d’Angleterre de 1940, la Luftwaffe avait gaspillé des centaines de milliers de bombes sur des champs vides grâce à ses compétences en matière de furtivité paysagères.

Pour déguiser le March Field, sur lequel les usines stratégiques de l’aviation américaine sont implantées, Ohmer s’entoure de spécialistes des studios de cinéma hollywoodiens comme la Metro Goldwyn Mayer, les Disney Studios, la 20th Century Fox, composés de décorateurs, de peintres, de directeurs artistiques, de paysagistes, d’animateurs, de menuisiers, d’experts en éclairage, tous compétents en matière d’installations rapides et légères.

En très peu de temps, l’ensemble des installations militaires est recouvert et dissimulé sous un filet qui ressemble, de loin, à une banlieue de campagne, décoré de fermes peintes, de voitures en caoutchouc ainsi que de centaines de faux arbres et arbustes. Les pistes de décollage et les parkings sont teints en vert et habillés de fausses plantations, avec un soucis du détail qui les transforme en véritables champs agricoles. Un vaste et complexe réseau de passerelles s’est développé afin de faciliter la mobilité sur les toiles de camouflage, et des systèmes de conduits d’aération, déguisés en cheminées ou en bouches d’égouts, ventilaient de l’air frais depuis la surface.

Cette peinture de guerre a permis à l’activité de l’usine, désormais souterraine, de continuer. Et pour maintenir une illusion parfaite, les employés des usines étaient chargés, durant leurs pauses, d’aller changer le linge qu’ils avaient suspendu quelques heures plus tôt à côté des fausses maisons, et de changer de place les voitures en caoutchouc.

La banlieue pastiche du colonel Ohmer stimula les demandes, et c’est ainsi que Boeing lui proposa de réitérer sa performance – dont les qualités, entre temps, avaient évidemment évolué – pour son usine d’aviation de Seattle. Vingt six hectares d’usines et d’installations militaires furent ainsi recouverts par des champs, une ville avec bâtiments municipaux, un parc, une école et des maisons.

La furtivité du stratagème ne fut testée que par Ohmer lui même – lorsqu’il présenta aux amiraux lors d’un vol officiel le produit fini de ses efforts – car l’ennemi japonais n’atteint finalement jamais la côte Pacifique américaine.

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