Candilis Josic Woods / Articulation des domaines public et privé

Georges Candilis, Alexis Josic et Shadrach Woods formèrent après guerre en France une agence emblématique dans la théorie du logement et de l’équipement à grande échelle, agence d’architecture et d’urbanisme longtemps incarnée par la figure très médiatique de Georges Candilis.

Ensemble, ils mirent au point des principes basés sur les relations humaines directement appliquées en relations architecturales. L’articulation des domaines public et privé est la base de l’expression physique de toute organisation sociale. Le domaine public matérialise l’idée abstraite de communauté. Il peut s’exprimer dans le bâtiment ou être le résultat de l’assemblage de bâtiments et conduit à différents degrés d’intégration accordés. L’équipe Candilis Josic Woods développe alors des systèmes et structures «organiques» qui complètent les structures géométriques du bâti et qui rendent l’organisation compréhensible.

A l’intérieur même des bâtiments, l’organisation et la présence de l’espace public seront plus développés si le nombre de ces bâtiments groupés est important. Ces bâtiments doivent alors abriter une plus grande partie des activités publiques. La structure de plus en plus complexe due au nombre de ces bâtiments doit reposer sur une organisation étudiée des activités publiques et privées. Au fur et à mesure que leur masse croit, le domaine public tend à pénétrer de plus en plus à l’intérieur des bâtiments et les circulations collectives devront alors s’organiser en continu et sans impasse.

Dans certains cas, le niveau du sol sera utilisé comme espace public protégé des intempéries, comme au Blanc Mesnil dans les HLM Emmaüs.

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Pilotis et jeux d’enfant au Blanc Mesnil. 1963

Coursives et rues hautes s’articulent autour d’espaces variés à usage public ou privé avec comme centre de gravité un espace à fonctions multiples.

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 Rue haute à Toulouse Le Mirail.

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Exemple à Oran/habitat musulman/1955, circulation et emplacement du marché, 4ème niveau.

L’intérieur des espaces formés par les bâtiments, c’est à dire à l’extérieur fait partie du domaine public dans presque tout les cas. Ces espaces peuvent être traités en jardins publics ou en simple terre-plein utilisable pour tout type d’activités et sert aussi à la circulation des personnes et des voitures (toujours différenciées, avec une priorité donnée aux piétons).

L’intention de Candilis est toujours d’organiser les espaces privés et public en système cohérent et compréhensible, mais peut être ces systèmes ont plus de lisibilité en plan que dans la réalité ? Sans doute est ce aussi que la structure des villes ne tient pas seulement à leur géométrie mais aussi aux activités qui auraient due s’y développer, suivant les plans de ses concepteurs.

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Dessin pour Toulouse / Le Mirail / 1961.

Le dispositif structural de base des plus grands projets de grands ensembles de l’équipe Candilis Josic Woods est le centre linéaire d’activités. Il sera nommé « cluster » ou « stem » et correspond à un développement organiques de structures à grande échelle de l’articulation public/privé, appliqué à Caen, Toulouse, Bilbao et Fort Lamy.

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Principe de centre linéaire à Caen / Hérouville / 1961

« le centre linéaire est le domaine exclusif du piéton, il est desservi par la voiture et il rétabli la rue : fonction primordiale et permanante de l’urbanisme.A partir des points d’arrêt des voitures l’homme dispose d’un réseau-piéton indépendant, soit au niveau du sol, soit aux différents niveaux desservis par les circulations verticales mécaniques »

Dans les cas de Toulouse et de Caen, les diverses activités publiques et privées sont abritées dans un bâtiment ininterrompu. L’espace public de la dalle est conçue comme un « séjour collectif ». Les dessous de dalles sont reservés aux voitures et masquent les parking.

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Dalle du quartier Bellefontaine à toulouse Le Mirail, vers 1971. On voit sur cette photo les parking, la dalle piétonne, ses équipement et une rue haute.

Dans d’autres cas, Candilis expérimente une organisation sous la forme d’une grille à plusieurs niveaux de circulations piéton reliant et desservant les diverses activités. On passe de la structure du « Stem » à celle du « Web ».

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Université de Berlin/1963, maquette d’ensemble. Réseaux d’espaces ouverts, réseaux de circulations construites conectant les activités. Trame, jeux sur les niveaux composés de pleins et de vides.

Les théories combinatoires de Candilis, Josic et Woods sont apte à toutes sorte d’assemblage, tout est laissé en attente pour une société ouverte, mobile et continue.

Bibliographie :

Jürgen Joedicke, Candilis Josic Woods – Une décennie d’architecture et d’urbanisme, Paris 1968, Eyrolles Editeur.

Bénédicte Chaljub, Candilis Josic Woods, Paris 2010, édition Infolio.

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