Grigny 2, Copropriété Géante, Communauté Mouvante

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ATLAS

Grigny 2 est un quartier de Grigny en Essonne, à 35km au sud de Paris.

La ville est connue pour être la plus pauvre et la plus jeune du département.

Les différents quartiers de Grigny sont classés ZUS, ZFU et ZNP.

Elle est exclue du réseau d’activités régional malgré sa situation géographique entre Saclay et Evry et sous Orly.

Elle est exclue des futurs réseaux du grand Paris.

Elle est pourtant idéalement desservie par l’A6, la RN7 et par le RER D.

Grigny est contenue entre ces 3 infrastructures de transport.

Grigny est une ville hybride composée de 3 quartiers de natures différentes tournés sur eux même :

  • le village, un tissu pavillonnaire d’environ 1000 habitants
  • la Grande Borne, grand ensemble de logements sociaux de plus de 12 000 habitants
  • Grigny 2, sorte d’anti-utopie de la Grande Borne d’Emile Aillaud, une copropriété d’environ 17 000 habitants.

Entre 1968 et 1975, la ville est brutalement passée de 2 940 à 25 650 habitants

Selon l’INSEE, en 2012, Grigny comptait 26 860 habitants,

selon la mairie et des enquêtes sociales, il y aurait en réalité 30 500 habitants, soit 17% d’invisibles.

Ces « invisibles » sont concentrés à Grigny 2 où les logements hors du contrôle de l’Etat sont sur-occupés par des populations précaires de nouveaux arrivants en France.

Grigny 2 est la deuxième plus grande copropriété d’Europe, après Parly 2, construites en même temps par les mêmes promoteurs et architectes. Les premières livraisons d’appartements datent de 1971.

L’idée était de vendre un nouveau style de vie, habiter Paris mais à la campagne et jouir de multiples équipements de proximités de qualité. Un mode de vie à la californienne, haut de gamme, adressé aux classes moyennes à aisées.

Des détails architecturaux soignés, un parc paysagé à l’anglaise des équipements tels que la gare RER Grigny Centre (financé par les promoteurs), le centre commerciale Grigny 2, des lieux de vie associatives, une église, quelques commerces de proximité, un centre culturel, des parkings couverts et découverts et 5000 logements.

60 ha

5000 logements

17 000 habitants

3 types de dalles abritant 2061 places de parkings souterrains

Grigny 2 est une composition géometrique qui clos les espaces extérieurs et retourne les axes de circulation sur eux même.Les bâtiments sont encrés au sol naturel et la pente du terrain protège les logements en RDC des regards du public dans un parc arboré.

Mais les contextes sociaux des villes du Chesnay (Parly 2) et de Grigny (la Grande Borne et Grigny 2) ont eu raison du devenir de ces copropriétés.

En effet, Parly 2 comme Grigny 2 sont des copropriétés adressées aux cadres, les appartements sont chers, ces copropriétés sont le produit d’une double politique :

  • une politique du logement
  • une politique de l’argent où l’innovation architecturale n’est pas prioritaire comme dans les grands projets visant la transformation de la société, à l’inverse du programme voisin de la Grande Borne d’Emile Aillaud.

Les publicités de l’époque s’appuient sur trois axes : le mode de vie, l’aide au financement (implication du Crédit Foncier) et le placement. L’urbain fait alors son entrée dans la société de consommation.

Le système de ces copropriétés met en difficulté les groupes les plus faibles économiquement, les charges sont élevées et supposent aux acquéreurs d’avoir un niveau de vie aisée. Les « pauvres » de la copropriété apparaissent alors.

MANIFESTE STRATEGIQUE

L’imaginaire de la publicité vantant un mode de vie bourgeois à la campagne est présent encore aujourd’hui à Grigny 2.

A Grigny 2 s’opposent alors deux univers :

  • les espaces symboliques : bucoliques, verdoyants, cossus, ceux des espaces extérieurs, ornementés, soignés dans les matériaux, ceux des façades d’immeubles.
  • les espaces fonctionnalistes, rationnels, orthogonaux, rattachés aux prouesses du béton, ceux des dalles, des parkings, des parties communes des tours, les halls, couloirs, caves et cages d’escaliers.

L’ensemble appartient à la copropriété et reste ouvert au public qui est guidé par les cheminements balisés. Les espaces privés sont protégés du regard du public par la forme du terrain naturel.

La disposition des tours oriente les déplacements et ferme les vues, leur hauteur et leur rapprochement concentre les difficultés sociales en un lieu particulier : la Square Surcouf, en impasse, fermé sur lui même.

Il se caractérise par une série de quatre niveaux de dalles en terrasse. Le sol de béton contraste avec la nappe de verdure qui enveloppe l’ensemble du reste du site.

Les dalles ont perdu leur programme, elle ne sont plus que des objets sales à éviter, obstacle au passage des véhicules et des personnes.

Abandonnées, elles sont pourtant des volumes exploitables situés au cœur du quartier de Grigny 2 et du Square surpeuplé.

L’imaginaire ne peut pas s’exprimer dans les espaces symboliques, alors que peu à peu un imaginaire de la saleté et du rejet s’est installé dans les sous-sols. La valeur des dessous prend de l’ampleur, elle dépasse celle des espaces symboliques de Grigny 2. En grattant la couche superficielle d’une architecture soignée destinée à l’origine aux classes aisées, on découvre le substrat de la construction : des infrastructures abandonnées que les habitants ne veulent plus voire.

La copropriété veut faire disparaître le dessous de ses dalles:les accès par le dessus et par les cotés sont murés, condamnés, blindé. Les accès sont interdits.

Ce substrat du système Grigny 2 s’exprime violemment, les murs de parpaings gris qui bouchent les accès, les traces d’incendie qui noircissent les murs, mais aussi l’état d’abandon intérieur en contraste avec les dessus très entretenus et très fréquentés ont définitivement balayé les images de carte postale du début des années 70 et ternissent un peu plus la réputation de la commune.

Les dessous sont la trace de ce qu’il se passe réellement à Grigny 2 : La copropriété est en faillite.

Les copropriétaires ont abandonnés une partie de leurs infrastructures, et réduit au minimum les espaces communs. L’idéologie de la copropriété qui est celle d’une société réorganisée sur une base communautaire est un échec à Grigny 2.

La dalle est maintenant l’objet le plus puissant de l’ensemble du site.

Elle concentre les échecs du système : impasse, exclusion, transgression.

Elle doit se réveiller et jouer le rôle principal, relancer la machine Grigny 2 par un autre système.

STORY BOARD

Les acteurs qui ont fait Grigny 2

Le contexte de proximité avec le Grande Borne.

Les populations actuelles

Les charges impayées atteignent des millons d’euros, les conditions d’habitabilité se sont considérablement dégradées. Les appartements ont perdu leur valeur marchande, Grigny 2 est stigmatisé comme un quartier très sensible par les médias. Les appartements ne se vendent pas, des marchands de sommeil en profitent et exploitent la misère en logeant des primos arrivant précaires.

Les gestionnaires se désintéressent complètement de la vie de l’immeuble et les copropriétaires se désengagent de plus en plus : accumulation d’impayés.

Impuissants, les habitants font appel à l’Etat.

Les acteurs des plans de sauvegarde de la copropriété. L’intérêt d’agir, valeur d’exemple, mise en avant du coût social d’ordre publique de grande ampleur pour justifier les financements de l’Etat.

Une architecture pour les usagers et leur réalité social.

Les usagers dans le besoin investiraient les lieux et on trouverait en bas des abris et des équipements de première nécessité, un town ship organisé et soutenu par le tissu associatif privé et la démarche solidaire des copropriétaires.

Coexistante VS communauté

Dans les difficultés, on a besoin des autres. La collectivité est basée sur des intérêts communs.

La rencontre entre privé, public et collectif, avec plusieurs gouvernances :

  • risque du foncier : le syndicat parking (copropriété)
  • risque de l’investissement : l’Etat, le Ministère de l’égalité des chance et du logement
  • gestion de la structure bâti : la mairie de Grigny
  • gestion des modules : les associations de quartier et la mairie

INTERVENTION ARCHITECTURALE PRINCIPALE une planche plus grande avec plusieurs zoom et une modélisation (qui pourrait remplacer le manifeste)

1er temps – Le township

Les usages transgressifs ont dégradé puis condamné les dessous des dalles. Les dalles ont concentré ces usages. Ouvrir les sous-sols, libérer la structure de béton de ses cloisonnements, retirer à des points précis des éléments préfabriqués de dalles de plancher pour viabiliser les dessous des dalles. Faire circuler l’air et la lumière.

Utiliser la structure libre poteau-poutre des parking souterrain pour installer des éléments mobiles et modulables adaptables aux situations d’accueils, aux actions sociales, à l’évolution des usagers et accompagner la transformation de la forme de la copropriété.

Accompagner la mobilité dans le logement à Grigny: s’affranchir des contraintes

  • mobilité sociale
  • mobilité économique
  • mobilité dans la gouvernance
  • mobilité culturelle
  • mobilité physique

Une démarche solidaire des copropriétaires et des habitants en réponse à l’immobilisme des institutions publiques. En ré-ouvrant les accès aux dessous, sous contrôle de ceux qui vont les occuper et d’associations, les usagers dans le besoin réinvestiraient les lieux et trouveraient en bas des abris et équipements, un Township organisé sur la structure existante.

2e temps – La galerie XXL

Les dalles ont retrouvé un rôle mais restent des obstacles.

Passer sous les ensembles construits, utiliser les dalles comme plafond d’une galerie XXL (à l’échelle monumentale du site). La galerie répond au problème principale du Square Surcouf : désenclaver le lieu qui concentre les malaises de Grigny 2, désacraliser le dessous des dalles qui font peur. Travailler une méga-infrastructure de poteaux à la démesure de la copropriété géante qu’est Grigny 2. Un passage de la ville aux lacs connecté au Square Surcouf par les sous-sols.

3e temps – Bâtir à une autre échelle

A supposer une amélioration des conditions de vie et de l’attractivité du Square Surcouf, dans cet intérieur clos et surpeuplé (hauteur du bâti et concentration de logements de petite surface), élargir l’offre de logement avec des typologies de petits collectifs par le rajout de bâti dans et sur les dalles à une autre échelle.

Continuer de percer les dalles suivant un plan d’aménagement pérenne des dessus/dessous, construire de petites excroissances, les densifier avec le temps et réaménager ainsi les parvis délaissés.

 

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