PRÉSENTATION

Objectifs pédagogiques

Sous titre de l’enseignement : Réinventer des destins aux dalles du Grand Paris en repartant de l’épaisseur obscure des sous-sols.

L’enjeu de ce studio est le renouvellement de notre relation aux « dessous » de la ville moderne. De très grandes opérations des années 1960-1970 où les échelles architecturales, infrastructurelles et urbaines se combinèrent de manière inédite ont transformé la profondeur de la ville en créant des périmètres souterrains gigantesques dont nous héritons sans toujours comprendre leur sens original, ni leur potentiel contemporain. Ces dispositifs de dalle ont la présence des plus grands monuments, et leurs ambitions initiales étaient révolutionnaires, mais que se passe t’il aujourd’hui sous ces « super-objets » souvent mal-aimés ? La plupart de ces sous-sols sont largement abandonnés ou sous-employés et chaque dalle recèle de véritables cathédrales de vide, qui sont d’étranges friches infrastructurelles invisibles, où il fait toujours nuit… Ce studio propose donc de « repartir d’en bas » (profondeurs/usages/racines) pour refonder la valeur de ces dispositifs métropolitains, quitte à en transgresser radicalement le fonctionnement actuel.

Délibérément situé à un point de contact entre les dimensions hard et soft de la métropole en train de se redéfinir, ce studio envisage le projet comme un exercice de docu-fiction (ou d’expérience-expérimentation) qui amène chaque étudiant à forger ses outils de regard, de représentation et d’intervention pour relever un défi qui le mobilise en tant que futur architecture-urbaniste. Méthodologiquement, il s’agit de prendre position dans la complexité des dimensions du territoire contemporain (lieux, formes, flux, usages, économies, sensations…) sans le secours des règles de composition, de zonage ou de typologie. Le projet final sera une stratégie scénarisée et dessinée, qui s’incarnera dans un ou plusieurs sites, sélectionnés au fil d’un travail de « zoom in / zoom out » qui permet à chaque projet de trouver ses paliers d’action : architecture, paysage, infrastructure durable, transformation temporaire, participatif, ville 2.0…

Contenu

Le studio partira d’une étude de cas collective : les sous-sols de la Défense. A partir des enseignements de l’exploration et l’analyse de ces espaces dont on tirera une première série de fictions prospectives (films, maquettes, textes, dessins, réunis sous la forme d’un atlas), chaque étudiant partira de son côté conquérir une autre dalle pour y définir sa propre stratégie de perversion d’une épaisseur sensible de la métropole. Afin de s’approprier l’hypothèse que ces dalles peuvent être des incubateurs d’une nouvelle approche stratégique du Grand Paris à partir de situations « déjà là » : espaces publics majeurs (mais souvent endormis), visibilité iconique (périmée ?), gisements d’espaces vacants (mais invisibles), diversité sociale et culturelle (stigmatisée), positions stratégiques dans les tracés de la métropole (souvent marginalisés)… La Défense, l’aéroport d’Orly, ou les Halles sont les emblèmes de l’urbanisme de dalle, dont les principes ont été déclinés dans des contextes aussi différents que les Olympiades du XIIIe ardt de Paris, les villes nouvelles d’Evry ou Cergy-Pontoise, mais aussi à Créteil, Argenteuil, Choisy-le-roi, Noisy le sec, avec à chaque fois une autre configuration dessus/dessous… L’Ile- de-France propose une collection unique de ces dispositifs qui ont perdu leur dynamisme pionnier, et il paraît d’autant plus nécessaire de prendre la mesure de leur diversité que les dalles ne font pas jusqu’ici partie des orientations du Grand Paris. Le travail d’exploration et comparaison d’une sélection parmi la centaine de dalles franciliennes s’inscrit dans un projet d’atlas.

Le studio propose d’explorer prioritairement 3 hypothèses pour réinvestir le sous-sol des dalles, auquel correspondront 3 séminaires réunissant des experts internationaux (ingénieurs, historiens, architectes…) :
– « Rafraichir les dessous », une hypothèse consistant à interroger le sens original de ces projets et les rebooter en démultipliant leurs ambitions initiales en prenant en compte leur potentiel métropolitain.

– « Habiter la nuit perpétuelle » : une hypothèse de réinvention des dessous à partir du temps plutôt que de l’espace, c’est à dire en partant des usages « underground » ou/et « undercover ».
– « Reconfigurer des épaisseurs durables » : une hypothèse où les dalles sont un espace privilégié de reconfiguration des cycles de l’eau, des déchets, du recyclage, du pneumatique, ou de l’énergie… Faire du projet à partir de nouvelles « racines » dans les épaisseurs de ces sols artificiels.

Pour nourrir la recherche des étudiants, le studio sera rythmé par une série de cours théoriques sur le thème de urbanités souterraines, dans ses diverses acceptions techniques, culturelles, transgressives ou environnementales. Ces cours auront notamment lieu lors de séances croisées (en anglais) avec les étudiants canadiens du DSA de Carleton hors les murs qui porte sur le même sujet à Paris ce semestre. Ces cours théoriques seront portés par les associés d’AWP et une série d’invités (voire liste complète plus haut). De la collaboration entre les étudiants de l’ENSAPM et de Carleton, ainsi que des différents cours et séminaires sera tirée une publication à paraître au premier semestre 2014.

Déplacements prévus

Explorations collectives et individuelles : Sous-sols de la Défense / Sous-sols de Paris / Dalles d’Ile de France

Travaux requis

Tout le travail collectif et individuel sera documenté sur un blog mis à jour chaque semaine.
Octobre :
– contributions à un atlas collectif online de la défense (photos, plans, dessins, notes de lecture, entretiens avec des acteurs…). – Fabrication de maquettes expérimentales modélisant les sous-sols de la Défense.
– Proposition individuelle d’une fiction prospective pour la Défense (Manifeste « Underground »)
Novembre :
– Contributions à un atlas collectif online des dalles d’ile de France, une dalle par étudiant.
– Fabrication de maquettes expérimentales modélisant chaque site.
– Proposition individuelle d’une stratégie docu-fiction (dans le format d’un storyboard)
Décembre :
– Projet (esquisse développée) + maquettes d’étude.
– Présentation devant le jury intermédiaire
Janvier :
– Projet (détaillé) + maquettes finales.
– Présentation aux jurys finaux (internes et externes)

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s